ImproVision : préparation d'ateliers d'entrainement au théâtre d'improvisation

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Exemples d'ateliers et débat

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mercredi 16 janvier 2013

Séquence d'entrainement sur la présence scénique (séances 7 et 8)

Cette séquence repose notamment sur la notion de présence scénique développée par Michèle Taïeb dans son livre "Improviser". Les exercices repris du livre sont mentionnés avec leur numéro de page : s'y reporter pour obtenir plus d'explications. Son livre est disponible ici : Improviser : 96 fiches techniques à l'usage du formateur

Objectif de ces séances : développer sa présence scénique via une meilleure qualité d'écoute !

Echauffement :

  • physique + écoute : en cercle, chacun à tour de rôle donne des consignes au groupe pour échauffer une partie du corps
  • concentration + énergie : équilibre sur 1 pied puis exploration spatiale
  • respiration : respiration profonde et synchronisée pour tout le groupe
  • écoute : marcher et s'arrêter de marcher de façon synchronisée, sans que le coach sache qui a initié les mouvements (une fois que le groupe est synchrone, l'exercice peut être réalisé les yeux fermés, cela marche aussi)

Exercices :

  • exo sur le regard : en cercle, "le jeu de l'assassin" (cf. P.62)

Débrief : exercice ludique et efficace. Un échange de regard crée un lien qui n'est pas facile à rompre : c'est une force à utiliser sur scène.

chore05.jpg

  • Exo "recevoir avant de donner" :

>> étape 1 : en cercle, l'un des jouteurs se fige dans une attitude/expression. Les autres, à tour de rôle vont jouer un personnage et lui faire une proposition en lien avec ce qu'il perçoive à travers l'attitude/expression du jouteur.
>> étape 2 : en couple, l'un des jouteurs est un extraterrestre qui ne peut que communiquer son émotion par son attitude et ses expressions (sans parole). L'autre va chercher à interagir avec lui par son corps et ses propos. En réponse l'extraterrestre va faire évoluer son émotion et ainsi de suite.

Débrief : exo sympa mais à l'étape 1 les jouteurs réfléchissent trop à l'avance à leur proposition et se font polluer par les propositions des autres. Pour corriger cela, cette étape 1 a été réalisée en ne regardant qu'au dernier moment l'expression du jouteur figé (en restant les yeux fermés jusqu'à ce moment là). L'échange est alors plus spontané, c'est plus proche des conditions d'une impro tout en restant facile à faire.

  • Exo "prendre le temps de l'écoute" : par 3 : 2 jouteurs vont construire une histoire ensemble (on propose, on accepte, on colore, on avance, ...). Mais chacun ne pourra parler ou répondre à l'autre qu'après un temps de silence fixé (par un signal) par une 3ème personne : "le maître du temps de l'écoute". Ce dernier pourra librement fixer le temps de chaque silence entre 1 et 10 secondes. Pendant ce laps de temps, le jeu ne doit pas s'arrêter, les jouteurs doivent notamment en profiter pour échanger par le regard et prendre le temps de la réflexion.

Débrief :

>> exercice qui marche bien, très bien même ; il faut juste veiller à ce que le temps de silence imposé au jouteur 2 avant de répondre ne soit pas comblé par des propos du jouteur 1, il doit également respecter ce silence en développant d'autres formes de communication ou par l'action. Variante possible : le maître du temps de l'écoute peut aussi gérer l'ensemble des temps de parole et de silence.
>> à faire et refaire. Au début, cela ralentit un peu l'impro. Mais ensuite cela enrichit la relation entre les 2 jouteurs et favorise l'émotion.

Impro :

  • l'un des jouteurs de chaque impro aura les yeux fermés (sans jouer un aveugle) et ce sera uniquement/principalement lui qui fera les propositions dans l'impro. L'idée est que "l'aveugle" soit dominant tout en nécessitant le soutien des autres pour réellement avancer et les autres ont tous leurs moyens mais ne peuvent être qu'à l'écoute de l'aveugle.
  • impro libre, sans thème ni caucus pour baser toute l'impro sur l'écoute de l'autre et de l'histoire ; en veillant à n'employer finalement que les éléments que l'on perçoit.

Débrief :

  • jouer à 2 en se focalisant sur l'autre nous pousse à jouer les émotions et ne pas être cabotins. Se concentrer sur l'autre conduit à avoir moins de temps pour chercher en soi un jeu de mot. C'est une attitude très bénéfique.
  • jouer des impros avec 1 jouteur aveugle permet de développer l'écoute auditive, la dépendance à l'autre mais, à moins de travailler ainsi sur une longue période, cela nuit quand même à la connexion entre les jouteurs. Les échanges de regards, l'observation apportent beaucoup et sont déjà une belle piste de progrès pour améliorer l'écoute à court terme.
  • les jouteurs commencent à apprécier les échanges de regards. Certains jouteurs ont pris conscience qu'ils n'étaient jusqu'à maintenant pas assez observateurs ; il faut chercher à recevoir avant de transmettre. En développant l'écoute active, cela nous enlève la peur de la rencontre. Il n'y a plus besoin de caucus, plus besoin de chercher ce que l'on va faire, il suffit d'écouter l'autre.
  • faire l'effort de regarder l'autre est un vrai axe de progrès pour enrichir son jeu en impro ; notamment lorsqu'on ne parle pas car lorsqu'on parle il convient de bien être tourné vers le public.

mercredi 5 décembre 2012

Séquence d'entrainement sur la présence scénique (Séance 6)

Cette séquence repose notamment sur la notion de présence scénique développée par Michèle Taïeb dans son livre "Improviser". Les exercices repris du livre sont mentionnés avec leur numéro de page : s'y reporter pour obtenir plus d'explications. Son livre est disponible ici : Improviser : 96 fiches techniques à l'usage du formateur

Objectif de cette séance : développer sa présence scénique via une meilleure qualité d'écoute !

Echauffement :

  • physique + écoute : en cercle, chacun à tour de rôle donne des consignes au groupe pour échauffer une partie du corps
  • concentration + énergie : équilibre sur 1 pied puis exploration spatiale
  • respiration : respiration profonde et synchronisée pour tout le groupe

Exercices :

  • exo sur le regard : en cercle, "le jeu de l'assassin" (cf. P.62)

Débrief : exercice ludique et efficace. Un échange de regard crée un lien qui n'est pas facile à rompre : c'est une force à utiliser sur scène.

aide.jpg

  • exercice sur les autres sens : chacun vient sur scène découvrir les yeux fermés un objet inconnu posé sur une table et dit au groupe tout ce qu'il ressent (sans manière, ni supposition, juste la réalité de ce qu'il ressent)

Impro :

  • par 2, jouer des impro les yeux fermés (sans jouer des aveugles). L'exercice s'est avéré trop compliqué, à essayer avec 1 seul jouteur gardant les yeux fermés.
  • impro libre, sans thème ni caucus pour baser toute l'impro sur l'écoute de l'autre et de l'histoire ; en veillant à n'employer finalement que les éléments que l'on perçoit.

Débrief :

  • difficile de se passer du regard, cela a bloqué les jouteurs qui ont du coup beaucoup parlé. Il a alors été conseillé de développer les émotions et les autres sens comme le toucher. Les impros ont ensuite mieux fonctionné.
  • il a été trouvé rassurant d'être en contact avec les autres jouteurs. A l'inverse se retrouver à distance, les yeux fermés, crée un doute.
  • au final, l'absence de la vue a bloqué de nombreux jouteurs. Il faudrait sans doute beaucoup de temps pour ré-apprendre à utiliser nos autres sens.
  • pour d'autres, cela a permis de réveiller en eux une approche tactile de la relation à l'autre, ce qui était une nouveauté dans leur jeu
  • bref un bilan mitigé à ce stade, à voir ce qu'on peut en faire lors de la prochaine séance

mercredi 21 novembre 2012

Séquence d'entrainement sur la présence scénique (Séances 4 à 5)

Cette séquence repose notamment sur la notion de présence scénique développée par Michèle Taïeb dans son livre "Improviser". Les exercices repris du livre sont mentionnés avec leur numéro de page : s'y reporter pour obtenir plus d'explications. Son livre est disponible ici : Improviser : 96 fiches techniques à l'usage du formateur

Objectif de ces séances : développer sa présence scénique via une meilleure qualité d'écoute !

Etre présent, c'est être disponible pour écouter. Ecouter, c'est renforcer sa présence dans le jeu. La boucle vertueuse est ainsi bouclée !

Echauffement :

  • physique + écoute : en cercle, chacun à tour de rôle donne des consignes au groupe pour échauffer une partie du corps
  • concentration + énergie : équilibre sur 1 pied puis exploration spatiale
  • respiration : respiration profonde et synchronisée pour tout le groupe

Exercices :

  • introduction à la séance : en cercle, le coach désigne 2 jouteurs qui se font face et qui vont alors aller les yeux fermés au centre du cercle pour se serrer la main et se dire "Bonjour, ça va ?" (voir P.66)

Débrief :

>> au départ, chaque jouteur partait à la rencontre de l'autre avec une idée, sans être toujours à l'écoute de l'autre
>> le groupe a alors convenu de faire l'exercice plus lentement, en cherchant les échanges avec l'autre (regard avant de fermer les yeux, sentir tactilement l'énergie de l'autre, son émotion) => bref, être receveur avant d'être transmetteur : c'est ainsi que l'exercice a bien fonctionné.

Explications sur les séances avec le groupe :

Ces séances ont pour objectif de développer davantage notre qualité d'écoute.
329879_portrait_3.jpg Pour l'écoute, faudrait déjà que je me dégage les oreilles...

Question au groupe : qu'est ce qui nous permet de rester en connexion avec le monde autour de nous ? Réponse en synthèse : nos différents SENS. Sans nos sens, nous n'aurions même pas conscience de notre environnement et peut-être pas de nous-même. En impro, nos actions et propos seront donc d'autant plus percutants et pertinents s'ils ont du sens par rapport à l'histoire qui se construit et par rapport aux autres jouteurs.

Ici la notion d'écoute concerne tous les sens !

En impro, il convient d'être récepteur avant d'être transmetteur ! Or lorsqu'on débute en impro, on fait souvent l'inverse : on propose, on propose et on repropose avant d'écouter les propositions de l'autre. Etre à l'écoute nécessite d'être pleinement présent. Pour être à l'écoute, être ouvert, il faut se libérer des barrières physiologiques générées par le stress, se libérer des tensions d'où l'importance d'une respiration ventrale : faire taire les tensions libère les émotions. Au passage la respiration ventrale soutient la voix, ce qui est bénéfique.

Exercice sur les 3 temps d'une respiration (cf. P52 du livre) :

>> 1=inspiration : phase réceptive, le présent m'inspire, j'inspire pour m'en pénétrer
>> 2=apnée : retenir l'élan (rétention mais pas tension) pour prendre du recul, pour comprendre
>> 3=expiration : libération de l'action, de la parole, du mouvement

Par 2 : travailler un échange constructif en veillant au respect des temps de la respiration. Sans forcer sa respiration pour ne pas créer des tensions.

Débrief :

  • le rythme de l'échange avec l'autre n'est pas naturel dans cet exercice, au tout cas il ne ressemble pas à notre rythme habituel
  • le timing est ressenti comme confortable, cela libère du stress d'avoir une idée immédiate
  • certaines voix de personnage se prêtent mieux à l'exercice que d'autres
  • cela favorise les tensions avec l'autre, et du coup les conflits
  • le dialogue marche bien, notamment quand on se regarde

La respiration s'entend du point de vue physiologique. Mais elle prend également tout son sens dans nos actions et nos propos à travers ... le silence.

A retenir sur l'emploi du silence en improvisation mais aussi dans la vie de tous les jours :

>> 1) Le silence, utilisé entre les phrases, c'est la place que l'on laisse à l'autre.
>> 2) Au sein d'une phrase, le silence est un outil pour donner du relief à des mots : à placer juste avant ou après un mot ou une idée forte. Plus l'idée est forte et plus le silence doit être grand.
>> 3) Le silence a un rôle clé dans le jeu des émotions et de l'enjeu : le silence, en tant que "manque de parole", suscite le désir chez l'autre, une attente, il donne une tension à l'échange.

En anglais, SILENT (silencieux) est l'anagramme de LISTEN (écouter)

  • exo sur la respiration et l'émotion :

en cercle, le jouteur 1 va inspirer de façon sonore, prendre un temps de réflexion en apnée, puis dire qq chose avec émotions (ex : 1=hannnnnnnn - 2=......... - 3=je viens de recevoir un accord pour le financement du projet). Le jouteur 2 va faire de même : son inspiration montrera qu'il reçoit l'idée et l'accepte, puis qu'il réfléchit pendant l'apnée, puis enfin qu'il réagit à la phrase précédente : 1=ohhhhhhh - 2=... - 3=et en plus il majore ta subvention de 30%, on va pouvoir lancer une publicité télé.) Et ainsi de suite.

  • exo sur l'utilité de la respiration pour être inspiré par ce qui nous entoure: la découverte du sac (cf. P60)

Débrief :+

  • de beaux personnages ont été joués à tous les passages
  • les déplacements et gestes étaient précis dans l'ensemble
  • pour beaucoup de jouteurs, il fut difficile de regarder le public alors que le rendu est très fort ; certains jouteurs ont jeté un regard d'un quart de seconde au public tout en aillant le sentiment que cela durait très longtemps. Il ne faut pas hésiter à prolonger le temps de ces échanges

- sur scène, ces regards ne sont pas forcément à échanger avec le public mais ils peuvent l'être pleinement avec les autres jouteurs :ce vecteur de communication et de compréhension de l'autre est trop souvent négligé. Ce point reste donc à travailler !

Impro :

  • impro libre, sans thème ni caucus pour baser toute l'impro sur l'écoute de l'autre et de l'histoire
  • se forcer pour ces ateliers à ne proposer des choses qu'en les justifiant sur la base de ce qu'on perçoit (ex : on propose à l'autre d'aller se promener dehors pour prendre l'air parce qu'il manifeste trop de colère ou de stress).

Débrief séance 4 :

  • 3 impro mémorables ont été jouées pour finir cet atelier : est-ce lié au travail durant l'atelier ou à d'autres facteurs ? Il est trop tôt pour le dire...
  • dans ces impro, la gestion de l'espace était claire, le jeu était posé, les personnages étaient présents, tenus, il y a eu beaucoup d'attentions et de regards entre les jouteurs, les émotions étaient justes, sincères. Les enjeux ont bien fonctionné. Tout était fluide !!! Un régal.
  • pour ces impros, les jouteurs ont eu le droit d'utiliser des tables comme ancrage pour leurs placements : c'est une aide, en termes d'apprentissage, pour structurer et gérer correctement l'espace. A poursuivre.

Débrief séance 5 :
- un jouteur qui a travaillé avec Félix LOBO a partagé une astuce avec le groupe : pour montrer au public que l'on découvre un objet ou qq chose sur scène, il est recommandé d'y jeter 2 coups d'oeil et non 1, comme dans les dessins animés - être à l'écoute de l'autre demande beaucoup d'énergie et de la confiance - encore une fois, les impro ont tenu la route, avec de beaux perso, des enjeux, des histoires et des émotions : baser notre jeu sur l'écoute serait donc véritablement et rapidement profitable - les impro "sans thème ni caucus" sont appropriées pour ces ateliers : elles poussent à tout construire sur l'écoute puisqu'on ne part pas sur scène avec des idées préconçues : cela doit également nous faire réfléchir à nos caucus en impro qui desservent trop souvent la qualité de l'écoute en étant trop riche sur "ce qu'on pourrait faire pendant l'impro". - il a été prouvé en atelier que lorsqu'on agit, on capte davantage l'attention du public que lorsque l'on parle - le groupe souhaiterait travailler avec des cubes neutres, pour travailler la structuration de l'espace et les appuis (ancrage), mais en veillant à ne pas utiliser ces cubes comme un accessoire dans le jeu. Si quelqu'un sait où l'on peut trouver ce genre de cubes, je suis preneur !

mercredi 3 octobre 2012

Séquence d'entrainement sur la présence scénique (Séances 1 à 3)

Cette séquence repose notamment sur la notion de présence scénique développée par Michèle Taïeb dans son livre "Improviser". Les exercices repris du livre sont mentionnés avec leur numéro de page : s'y reporter pour obtenir plus d'explications. Son livre est disponible ici : Improviser : 96 fiches techniques à l'usage du formateur

Objectif de ces séances : découverte de la notion de présence scénique !

Echauffement :

  • apprivoiser la nouvelle salle d'entrainement à travers une découverte sensorielle :

>> la vue : en marchant, chacun décrit un élément de la salle avec une association d'idée (d'abord 1 souvenir puis 1 idée farfelue) "les 2 fenêtres sur la gauche me rappellent ma première paire de lunettes quand j'avais 6 ans"
>> le toucher : marcher les yeux fermés dans la pièce et toucher toutes les matières en indiquant à chaque fois un qualificatif
>> l'odorat : marcher dans la pièce à la recherche d'odeurs, sur les murs, les tables, les matières, ....
>> l'ouïe : aller tapoter tous les objets et parois pour trouver des sons intéressants. Après une phase de recherche, orchestrer tous ensemble ces différents bruits
>> le goût : lécher les chewing-gums sous les tables ... ou se dire que le travail de 4 sens, c'est déjà pas si mal ! :)

Présentation du thème central à travailler cette saison :

LA PRESENCE SCENIQUE

chore04.jpg

Commençons par une réflexion avec le groupe sur les signes qui permettent de détecter une présence autour de soi : un souffle, une respiration, la voix, une chaleur, le mouvement, une odeur, un bruit, ... Intéressant !

Selon le Petit Robert, la présence est "une qualité qui consiste à manifester sa personnalité". Très intéressant !!

Commenter avec le groupe les expressions de la langue française autour de la présence :
- je suis ici, je suis quelqu'un, ça y est j'y suis, une présence policière, présenter ses papiers (les donner, ici et maintenant), avoir de la présence d'esprit, désolé j'avais la tête ailleurs, être à côté de ses pompes (présence dérobée), je serai présent avec toi (s'impliquer, se donner, faire don de soi, ...), d'être avec vous m'a permis de ne plus penser à tous mes soucis.

=> voici les apports des jouteurs sur la notion de présence (on peut ensuite pousser la réflexion pour comprendre ce que cela signifie en impro) : là où je suis, une proximité, une personnalité, être humain, c'est l'individu, on n'est pas n'importe qui, j'ai compris, je suis avec toi, je suis là avec une mission, donner ici et maintenant, c'est une identité, c'est percuter, être en adéquation avec ce qui nous entoure, être réactif, être prêt à agir et réagir, c'est soutenir, être connecté à 100%, être disponible à 100%.

Il convient de bien voir la différence en improvisation entre être et être présent (= être là !). On s'attache souvent en impro à être un personnage sans toutefois être un personnage présent ! Etre présent c'est aussi ne pas avoir d'absence (ne pas sortir de son rôle, même quand on n'est plus au coeur de l'impro, ne pas devenir spectateur).

La présence inclut aussi une notion de temporalité. Le présent s'oppose au passé et à l'avenir. Au XIIIème siècle, les médicaments "présents" étaient ceux à "effet immédiat".

Bouger sans raison quand on parle sur scène, c'est refuser d'être réellement présent, c'est fuir. La présence réclame un ANCRAGE au sol avec une maîtrise de son équilibre, c'est l'un des points clés à travailler !!!

Etre présent c'est être capable de réponse dans l'instant, avec cette faculté de recevoir (recueillir et voir) ce que la situation propose afin de répondre à l'autre.

En conclusion : la présence scénique c'est être ici, maintenant, à l'écoute, prêt à s'offrir au jeu.

Exercices :

  • présence scénique, écoute : en cercle, main dans la main, faire circuler le courant en se regardant (détecter toute personne qui décroche ou se déconcentre)
  • à tour de rôle, interpréter les 3 termes dans l'ordre : être, apparaître, disparaître (voir comment les jouteurs jouent de leur présence, assume leur présence, intègre l'espace à l'exercice)

Débrief :

>> au départ, c'est perturbant d'être avant d'apparaître. Alors que c'est pourtant l'ordre logique dans le jeu d'acteur : on doit être un personnage avant d'apparaitre en tant que personnage. Et disparaître en tant que personnage avant de ne plus être le personnage.
>> pour disparaitre : on peut sortir de scène, sortir du lieu, devenir immobile
>> l'exercice a progressivement permis de cerner la notion de présence scénique et d'améliorer l'incarnation de personnages. A recommander !

  • exo pour trouver un bon ancrage au sol P.42 (cela évite de se balancer, de piétiner, ce qui parasiterait l'émission et la réception d'information)
  • exo sur la présence et la présentation P44
  • exo sur la présentation à l'aide de démarreurs P46

Improvisations :

  • impro libres en s'efforçant d'être pleinement présent.

Débrief des ateliers :

  • un thème de travail très intéressant, certains jouteurs y ont même trouvé une résonance avec leur propre jeu et leurs attentes pour franchir un palier dans leur progression
  • les jouteurs ont trouvé très intéressant le fait de réfléchir ensemble à cette notion de présence scénique
  • le travail sur la présence pousse à être encore plus précis, à rester dans l'histoire, à développer un jeu théâtral
  • pour apprendre à entrer dans un personnage et l'incarner pleinement, il est apparu utile de passer par une porte (même imaginaire)
  • ce travail a permis de voir que nos personnages de "passage" restent trop souvent sur scène sans être utiles ("être" sans "être présent" ou alors pas dans le bon sens du terme), on doit vraiment apprendre à disparaître et le faire sans sortir de son personnage
  • réflexion sur les passages : doivent-ils être au service des leaders ou bien au service de l'histoire ? Nous n'avons pas encore la réponse, dans tous les cas les passages ne doivent pas desservir les leaders


Et pour vous, ce serait quoi la définition de présence scénique ?

mercredi 30 mai 2012

Séquence d'entrainement sur l'orchestration des placements, mouvements et paroles (séance 4)

Echauffement :

  • Sensations, sortie du quotidien : en marchant, manifester soudainement les sensations suivantes : Légèreté, Aquatique, Apesanteur, Air, Jeu, Energie, Explosion, Arrêt sur image, Silence, Suspension
  • Physique + gestuelles : tous face à un : travail sur la dissociation segmentaire du corps puis sur la fluidité corporelle (relâchement des articulations)
  • Gestion de l'espace + écoute + émotions : dialogue des corps, en duo, sur fond musical et avec émotions

Exercices :

  • Conversion des images mentales en mouvements : 4 jouteurs vont illustrer corporellement (au delà du mime, presque sous forme d'une danse) l'histoire racontée par un conteur : focalisation sur l'emplacement, les contacts, l'ouverture des gestes vers le public, la stabilisation par la répétition, ....
  • Sens du rythme, écoute : sur la chanson de Jaques Brel "ne me quitte pas", l'un bouge uniquement sur les paroles face à l'autre qui lui répond statique en comblant uniquement les silences employés par le chanteur

chore09.jpg

  • Précisions sur la notion de registre : " Aux termes de ton ou de tonalité, longtemps employés pour désigner l'impression particulière ressentie par le lecteur devant un texte, on préfère aujourd'hui le terme de registre, qu'il conviendra donc d'éviter de confondre avec le registre de langue (soutenu, vulgaire ....). Depuis l'Antiquité, la production littéraire a été l'objet de tentatives de classification autour des attitudes "graves" ou "plaisantes" qui président à leur élaboration et qu'elles appellent chez le récepteur. « On est donc conduit à désigner comme « registres », ces « attitudes» qui correspondent à des façons fondamentales de ressentir.» Le registre correspond à la nature particulière de l'émotion que le texte vise à communiquer indépendamment du « genre » dans lequel il s'inscrit : ainsi un texte romanesque peut être traversé du registre épique, le registre réaliste peut caractériser tel passage d'une épopée, etc. "
  • Travail sur un procédé chorégraphique (le miroir) : réfléchir ensemble à des situations où le miroir serait intéressant à utiliser. Réponses du groupe :

>> en faisant les ailes d'un avion, d'un oiseau ou en jouant la symétrie d'un animal comme une araignée
>> en jouant des jumeaux tels Dupond et Dupont
>> en jouant qq'un face à un miroir
>> de façon plus générale, toute situation avec un personnage centrale et une symétrie autour de lui (perso, décor, ...)
>> toute confrontation où l'émotion est intense : duel, rencontre, ...

Impro :

  • Faire des impro en utilisant et en abusant du procédé chorégraphique du miroir, sur la base des situations listées ensemble auparavant.

Ressources utiles :
Ateliers de danse, avec des idées et exos sympas
Définitions des procédés chorégraphiques
Approche intéressante sur la relation avec le sol
Explications sur la notion de registre

Débrief de l'atelier :

>> le procédé chorégraphique du miroir donne des idées assez simples à mettre en oeuvre et efficaces pour colorer une situation, appuyer une émotion, gérer l'espace
>> le miroir pousse à l'écoute
>> la symétrie apportée par le miroir en tant que procédé chorégraphique donne une profondeur à la scène
>> cette séance a permis un vrai travail sur le corps, les jouteurs ont apprécié
>> il serait intéressant d'essayer l'exercice sur Jacques Brel dans d'autres registres ou sur d'autres chansons

mercredi 23 mai 2012

Séquence d'entrainement sur l'orchestration des placements, mouvements et paroles (séance 3)

Echauffement :

  • Gestion de l'espace + confiance en soi : une chaise est placée au centre de l'aire de jeu, à plusieurs mètres des participants qui devront, les yeux fermés et sans aucune hésitation, aller à la chaise, en faire le tour par la gauche pour finalement s'y asseoir
  • Gestion de l'espace + écoute : chaque membre du groupe est une planète qui se déplace dans l'espace. Sur les indications verbales et/ou simplement corporelles (rapprochement des mains) du meneur, les planètes se rapprochent les unes des autres en respectant leur autonomie, c'est a dire en ne se touchant à aucun moment et sans s'arrêter. Les planètes allant de plus en plus vite et l'espace se rétrécissant, on arrive très rapidement à une aire d'évolution très restreinte.

Exercices :

  • Sens du rythme, écoute : chaque jouteur monte sur scène et doit répondre/rebondir (par les mots, la gestuelle et les émotions) à Jaques Brel lui chantant "ne me quitte pas" en comblant uniquement les silences employés par le chanteur

Débrief de l'exercice :

>> exercice difficile mais plutôt bien réussi par les jouteurs. Pousse à se concentrer sur le jeu de l'autre, à agir et répondre instinctivement (car les silences dans la chanson sont souvent trop courts pour réfléchir), à être à l'écoute du rythme et des respirations de l'autre (l'autre étant ici Jacques Brel)

  • Expression de l'intention par le mouvement : illustrer par une gestuelle les propos suivants, dans un registre fixé par le coach : Quelle belle journée ! Viens vite !! Ne viens pas. Merci infiniment. Tout-à-fait d'accord. Je t'aime ! Tu m'soules.

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  • Travail sur un procédé chorégraphique (la cascade) : réfléchir ensemble à des situations où la cascade serait intéressante à utiliser :

>> un groupe armé sortant une épée ou un fusil
>> un groupe buvant ou levant un verre à un bar ou un repas de famille
>> des filles qui se coiffent avant un défilé ou dans un vestiaire
>> des salariés se passant un seau, des briques, un plat
>> tout travail à la chaîne
>> la confrontation à un même obstacle (le saut d'un ruisseau par exemple)
>> le passage à un self-service, à une caisse, ...
>> une réaction suite à un même événement ou stimuli (les Dupont et Dupond par exemple)
>> la reprise d'un geste que l'autre vient de faire (une salutation ou tout geste repris par moquerie par exemple)

Impro :

  • Faire des impro en utilisant et en abusant du procédé chorégraphique de la cascade, sur la base des situations listées ensemble auparavant.

Débrief de l'atelier :

>> ce mode d'approche sur un procédé chorégraphique, avec une réflexion préalable avec le groupe, marche bien !
>> la cascade est un bon procédé chorégraphique à utiliser dans les impro en comparé
>> et en y réfléchissant, c'est un procédé pouvant également être utilisé dans les impro mixte, en passage et même pour les jouteurs en lead.

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