ImproVision : préparation d'ateliers d'entrainement au théâtre d'improvisation

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Exemples d'ateliers et débat

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mercredi 16 mai 2012

Séquence d'entrainement sur l'orchestration des placements, mouvements et paroles (séance 2)

Echauffement :

  • Gestion de l'espace + confiance en soi : une chaise est placée au centre de l'aire de jeu, à plusieurs mètres des participants qui devront, les yeux fermés et sans aucune hésitation, aller à la chaise, en faire le tour par la gauche pour finalement s'y asseoir
  • Gestion de l'espace + écoute : chaque membre du groupe est une planète qui se déplace dans l'espace. Sur les indications verbales et/ou simplement corporelles (rapprochement des mains) du meneur, les planètes se rapprochent les unes des autres en respectant leur autonomie, c'est a dire en ne se touchant à aucun moment et sans s'arrêter. Les planètes allant de plus en plus vite et l'espace se rétrécissant, on arrive très rapidement à une aire d'évolution très restreinte.
  • Articulation : chacun récite l'alphabet en prononçant parfaitement chacune des lettres, avec le ton d'une histoire

Exercices :

  • Cohésion, imagination et gestion de l'espace : le coach tient une balle dans l'espace scénique et tous les jouteurs doivent former un tableau autour de cette balle magique : la balle les attire, les aspire, les repousse, les écrase, les éblouit, les refroidit, les menace, etc. A reproduire avec la balle placée à différentes hauteurs.
  • Expression de l'intention par le mouvement : illustrer par une gestuelle les propos suivants : Quelle belle journée ! Viens vite !! Ne viens pas. Merci infiniment. Tout-à-fait d'accord. Je t'aime ! Tu m'soules. Analyser ensuite ce qui distingue la gestuelle de chacun. En conclure sur l'importance du registre chorégraphie sur scène. L'acteur doit avoir conscience et être maître du registre dans lequel il joue : théâtral, beau, comique, dramatique, étrange, grotesque, macabre, joli, poétique, tragique… Refaire l'exercice en ciblant tel et tel registre.
  • Expliquer la notion de "procédés chorégraphiques" : outils techniques qui permettent d'organiser les déplacements et les gestes sur scène.

danse.jpg

Impro :

  • Faire des impro en utilisant différents procédés chorégraphiques et différents registres.

Ressources utiles :

Débrief de l'atelier :

>> demande du groupe pour affiner la notion de registre et détailler la définition des différents registres
>> l'utilisation d'un registre ou d'un procédé chorégraphique directement dans l'impro est difficile et fut vécu comme une contrainte et non comme un appui ou un outil au service de l'impro : il faut modifier l'approche pour les prochaines séances

mercredi 9 mai 2012

Séquence d'entrainement sur l'orchestration des placements, mouvements et paroles (séance 1)

Echauffement :

  • Sortir du quotidien + écoute : 2 lignes face à face : on se pousse à quelques centimètres de distance, avec intensité dans le regard
  • Contact et confiance : par 2, l'un prend une position fixe stable et l'autre s'y appuie pour rechercher diverses positions (un groupe peut rester en public pour commenter et indiquer dans quelles situations ces positions pourraient être exploitées en impro)
  • Imagination : du géant au nain
  • Articulation : chacun récite l'alphabet en prononçant parfaitement chacune des lettres, avec le ton d'une histoire

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Exercices et impros :

  • Analyser et reproduire les mécanismes donnant toute sa force à la chanson "Ne me quitte pas" de Jacques Brel : commencer par faire lire ou chanter divers jouteurs sur la base des paroles et de leurs souvenirs de la chanson, puis passer la chanson et identifier ensemble les silences et les accentuations, puis relire ou rechanter la chanson de façon fidèle, puis en rajoutant les mouvements qui illustrent les propos, puis relire ou rechanter la chanson en utilisant les mêmes ficelles mais dans un autre style et avec d'autres mouvements.

Débrief de l'atelier :

>> approche itérative très intéressante malgrè la difficulté du morceau (Brel reste inimitable)
>> la force de la chanson repose notamment sur un emploi particulier des silences et des accentuations : usage de longs silences, à des moments où ils ne sont pas attendus dans la synthaxe habituelle (au milieu des vers, hors des ponctuations) créant ainsi une mise en suspens et renforçant les sentiments
>> tous les jouteurs se sont prêtés au jeu, se sont mis en dangers
>> on s'oriente sur des formes d'impro assez techniques, avec une réflexion sur la mise en scène en lien avec les propos et les émotions
>> restera aussi à voir à quel moment il vaut mieux se mouvoir : quand on parle, avant, après, ? (cf. comédies musicales)

mercredi 4 avril 2012

Séquence d'entrainement sur la place du jouteur dans l'espace scénique (séances 14 à 15)

Séances spéciales autour des appuis corporels, du porté et du tombé dans l'espace scénique.

Echauffement :

  • Sortir du quotidien + écoute : combat à 2 ou 3 sans contact
  • Contact et confiance : par 2, l'un prend une position fixe stable et l'autre s'y appuie pour rechercher diverses positions (un groupe peut rester en public pour commenter et indiquer dans quelles situations ces positions pourraient être exploitées en impro)

Exercices :

  • Cohésion, imagination et gestion de l'espace : le coach tient une balle dans l'espace scénique et tous les jouteurs doivent former un tableau autour de cette balle magique : la balle les attire, les aspire, les repousse, les écrase, les éblouit, les refroidit, les menace, etc. A reproduire avec la balle placée à différentes hauteurs.

Débrief de l'exercice :

>> cela permet de mieux prendre conscience du cube en 3D dans lequel on peut et doit évoluer en impro
>> intéressant aussi pour penser son placement en fonction de celui des autres

  • Travail de quelques portés : le saut assisté droit, la compensation des masses, ...
  • Sous forme d'impro : à 2, 3 ou 4 personnes, tenter de porter un jouteur en train de dormir jusqu'à son lit, sans le réveiller. Le tout en gérant proprement ses placements et si possible en développant une chorégraphie burlesque. (inspiré du film muet « Le Figurant » de Edward Sedgwick. La scène : Elmer essaie désespérément de porter sa femme ivre Triby Drew jusqu’à son lit sans la réveiller !)

Débrief de l'exercice :

>> cela ne marche pas bien lors de l'atelier (sans avoir passé l'extrait du film), pas de "chorégraphie" (en terme de placement/déplacement) spontanément brillante...

Impro :

  • Travail sur des impros avec appuis, portés et tombés, le tout avec pleine conscience de ses placements et déplacements dans l'espace.

Débrief de l'atelier :

>> approche intéressante axée sur le corps, favorise le contact entre jouteurs
>> aide à la mise en scéne, à la gestion de l'espace
>> impact visuel flagrant
>> aide à interragir avec les autres
>> permet d'occuper l'espace de façon non linéaire (on n'évolue plus de façon statique dans un plan 2D mais en mouvement dans un espace 3D)

mercredi 29 février 2012

Séquence d'entrainement sur la place du jouteur dans l'espace scénique (séances 9 à 11)

Echauffement :

  • Sortir du quotidien + confiance : Marche rythmée = le groupe marche sur la cadence donnée par le coach. Au bout d'un moment, on continue en fermant les yeux sans craindre la rencontre des autres. Une fois le groupe en confiance, on peut imposer la formation d'une ligne, d'un cercle, ... sans se voir, simplement en étant à l'écoute des gestes de chacun.
  • Vulnérabilité : dos à dos, on répète le même mot avec émotion en laissant place à l'erreur aléatoire

Le vulnérable désigne ce qui peut être blessé, c’est à dire toujours quelque chose de la corporéité, et plus précisément ce qui de nos corps s’offre en quelque sorte à la blessure, à l’offense. La vulnérabilité d’autrui désigne ce qui d’emblée se place sous la responsabilité de ma main, de mon regard, de mon geste, de ma parole.

  • Imagination : un groupe fait vivre une scène, dans une salle de classe, dans la forêt, dans la rue, ... et au signal l’extraordinaire se produit le temps de quelques secondes. Dès que le ou les comédiens entendent à nouveau le signal, ils reprennent des attitudes conformes et peuvent, s’ils le désirent, parler de tout et de rien avec leur voisin. La difficulté de l’exercice réside dans la confrontation de nos règles de vie en société avec notre autocensure. L’exercice secoue notre carapace, ébranle notre armure, stimule notre audace.

Exercices et impro :
Pour ces séances, la scène est découpée en 6 cases (2 en largeur et 3 en profondeur) via un marquage au sol pour mieux visualiser dans l'espace scénique son placement et ses déplacements.

  • Exo sur le placement : Chacun développe un placement sur scène : une position forte, symbolique, pour caractériser une situation dans une histoire (sur 20 secondes). Importance de prendre conscience et de maîtriser son placement. Les autres jouteurs indiquent ensuite ce qu'ils ont compris du personnage vu du public (en delà de ses éventuels propos).

Débrief de l'exercice :

>> le placement est important pour montrer qu'un personnage est central ou secondaire dans la scène qui se joue (cela peut évoluer dans l'impro). C'est également utile pour temporiser l'impro (se mettre sur le côté est un signe fort pour dire qu'on devient secondaire, qu'il se passe qq chose d'important ailleurs ou que l'on laisse de la place aux autres), pour nourrir le personnage lui-même (le placement d'un roi ou d'un enfant timide contribuera à la coloration du personnage), etc.

  • Impro avec interruption du coach pour demander de justifier sa position sur scène. Si le placement n'est pas cohérent avec le jeu du jouteur ou si le jouteur n'est pas conscient du message qu'il communique par son placement, on rejoue alors la scène.

mercredi 11 janvier 2012

Séquence d'entrainement sur la place du jouteur dans l'espace scénique (séances 6 et 7)

Echauffement :

  • Sortir du quotidien + confiance : le groupe marche sur la cadence donnée par l'un des jouteurs. Au bout d'un moment, on continue en fermant les yeux, sans craindre le contact, bien au contraire. Toujours les yeux fermés, le groupe constitue ensuite différentes figures imposées.
  • Cohésion + placement : l’acteur tend le bras, et se fige dans cette posture. - Un deuxième acteur s’approche et regarde dans la direction que semble indiquer le doigt. Il se fige à son tour. - Un troisième acteur s’approche du groupe, rit en observant la scène et se fixe également. 25 Un quatrième trébuche etc…
  • Imagination : un groupe fait vivre une scène, dans une salle de classe, dans la forêt, dans la rue, ... et au signal l’extraordinaire se produit le temps de quelques secondes. Dès que le ou les comédiens entendent à nouveau le signal, ils reprennent des attitudes conformes et peuvent, s’ils le désirent, parler de tout et de rien avec leur voisin. La difficulté de l’exercice réside dans la confrontation de nos règles de vie en société avec notre autocensure. L’exercice secoue notre carapace, ébranle notre armure, stimule notre audace.

Exercices et impro :

  • Exo sur le placement : chacun traverse la scène en donnant une dimension (via le regard et la gestuelle) à la scène correspondant aux lieux suivants : petit jardin, une petite cuisine, une salle de sport, un champs de blé, une rue commerçante, un ascenseur, une voiture, un salon, une salle à manger, les WC, un grand jardin, une vaste forêt, un arbre, ...

Débrief sur l'exercice :

>> les moyens physiques les plus probants pour définir la configuration de l'espace autour de soi sont le regard et la façon de marcher. Il est incroyable de voir que la façon dont on regarde autour de soi suffit pour peindre en grande partie son environnement. Il convient de maîtriser ce point, c'est un axe puissant pour poser un univers et s'y mouvoir.


  • Exo sur le personnage défini par ce qu'il aime dans la vie : chacun commence l'impro par la phrase "moi, ce que j'aime dans la vie c'est ..."
  • Exo puis sur la rencontre de 2 personnages ainsi définis.

Débrief des séances 6 et 7 :

>> la rencontre des personnages est plus faciles et plus constructive lorsque ces personnages ont clairement défini ce qui les anime au quotidien (pas au temps présent de leur impro mais dans leur vie de personnage : un trait de caractère, une faille, un destin, une force intérieure particulière, ...). Cela confirme qu'il vaut mieux "vouloir" que "être".
>> il est apprécié par les jouteurs que l'impro soit coupée pour souligner un problème (positionnement, lieu non défini, enjeu mal défini, ...) tout en leur laissant le choix sur la façon de solutionner ensuite ce problème.
>> il conviendra de travailler spécifiquement la rencontre des leaders lorsque que ceux-ci sont à la base dans des pièces ou des lieux complètement différents ; cela permettra d'ailleurs de travailler de véritables "rencontres"

vendredi 16 décembre 2011

Accepter sa propre vulnérabilité pour réussir en improvisation

Pas d'atelier d'impro pendant les congés de Noël ?

A la place, je propose de prendre 20 minutes pour regarder la présentation suivante sur l'importance d'être vulnérable (dans la vie comme en impro) :
(sous-titrage en français disponible en option)

http://www.ted.com/talks/lang/fr/brene_brown_on_vulnerability.html
vulnerab.jpg

Bref, ne surtout pas viser la perfection, l'impro parfaite.
Ne pas craindre la faille, le manque d'idée. Dédramatisons, surtout que l'improvisation n'est qu'un jeu et que l'échec fait partie du jeu pour le public.

On se protège souvent de la crainte et de sa propre vulnérabilité par des automatismes (des personnages fétiches par exemple), par le blabla pour remplir le vide, par des "tomates" qui font leur effet, par une mise en second plan derrière d'autres jouteurs "qui assurent".

Jusqu'à la constitution d'équipe pour laquelle "il ne faut pas prendre de risque, il faut être pro".

On vise trop souvent l'excellence au point que le moindre manque de confiance nous conduit à prendre peur, à ne plus avoir envie d'essayer d'autres choses, ne plus prendre de risques voire ne plus monter sur scène.

On s'attache à respecter parfaitement tous les principes de l'improvisation (écoute, acceptation), à penser à une belle plateforme de jeu, à rencontrer l'autre, à construire des histoires grandioses, etc. On devrait avant tout apprendre à être vulnérable, à jouer avec cela. Apprendre à jouer et donc apprendre à perdre. Nous devrions apprendre à jouer avec nos faiblesses, avec nos failles, avec nos fragilités et donc avec nos émotions. Les émotions prendraient alors le pouvoir sur scène, les émotions prendraient la première place devant le simple effet comique des situations que l'on recherche sans cesse. Rien ne se communique mieux que l'émotion. Ainsi le jeu devient vivant. Le jeu devient palpitant. C'est ce qui fait que le théâtre traversera les siècles.

Dans le même esprit, un auteur dont j'ai oublié le nom disait "à trop vouloir éviter les mauvaises surprises dans la vie, on évite les bonnes".

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